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Fiche 1 - Durcissement et sécurisation du poste de travail

Sécuriser physiquement et logiquement un poste de travail : démarrage, chiffrement, comptes, durcissement système et limitation des privilèges.

Intermédiaire — SISR 1ère et 2ème année ⏱️ 25 min 📁 Cybersécurité avancée

🎯 Objectifs de la fiche

  1. Sécurité physique du poste — Démarrage, BIOS/UEFI, supports amovibles
  2. Chiffrement du disque — BitLocker (Windows), LUKS (Linux)
  3. Sécurité de l'accès logique — Authentification, verrouillage, durcissement
  4. Restriction des privilèges — Comptes standards vs administrateurs
  5. Vérifier la sécurité d'un poste — Checklist d'audit simple

Prérequis

Connaître les bases de l'administration Windows et Linux (comptes, permissions). Cette fiche est au programme du Bloc 3 (B3.3 — Sécuriser les équipements et les usages des utilisateurs).

1. Sécurité physique de l'accès au poste

MesureObjectif
Mot de passe BIOS/UEFIEmpêcher la modification de la séquence de démarrage sans autorisation
Désactivation du boot USB/CDEmpêcher le démarrage sur un support externe pour contourner l'authentification
Verrouillage physique (Kensington)Dissuader le vol du matériel
Contrôle des supports amoviblesLimiter ou bloquer l'usage de clés USB non autorisées (vecteur de malware et de fuite de données)
⛔ Sans protection du BIOS/UEFI et désactivation du démarrage externe, un attaquant ayant un accès physique au poste peut démarrer sur une clé USB live et contourner totalement l'authentification du système installé, accédant directement aux fichiers du disque non chiffré.

2. Chiffrement du disque — la protection ultime contre l'accès physique

Le chiffrement de disque protège les données même si le support physique est volé ou démonté et connecté à un autre système. C'est la mesure la plus efficace contre la perte ou le vol d'un équipement nomade.

SolutionSystèmeParticularité
BitLockerWindowsIntégré nativement, utilise idéalement une puce TPM
LUKSLinuxStandard de chiffrement de disque sur Linux, intégré à la plupart des distributions
FileVaultmacOSÉquivalent BitLocker pour macOS
VeraCryptMultiplateformeSolution tierce open source, chiffrement de conteneurs ou disques entiers
# Exemple — chiffrer une partition avec LUKS sur Linux

# Créer le chiffrement sur la partition (ex: /dev/sdb1)
sudo cryptsetup luksFormat /dev/sdb1

# Ouvrir la partition chiffrée
sudo cryptsetup luksOpen /dev/sdb1 disque_chiffre

# Vérifier le statut du chiffrement
sudo cryptsetup status disque_chiffre
ℹ️ Une puce TPM (Trusted Platform Module) stocke les clés de chiffrement de façon matérielle et sécurisée, liée à la carte mère. Elle permet un déverrouillage automatique et transparent au démarrage tout en restant protégée contre l'extraction du disque.

3. Sécurité de l'accès logique

MesureBonne pratique
Mot de passe de sessionComplexité minimale, renouvellement périodique, jamais partagé
Authentification forte (MFA)Ajouter un second facteur (code, application, clé physique) en complément du mot de passe
Verrouillage automatiqueVerrouillage de session après quelques minutes d'inactivité
Limitation des tentativesBlocage temporaire du compte après plusieurs échecs de connexion

4. Durcissement système — réduire la surface d'attaque

Durcir un système (hardening) consiste à réduire au strict nécessaire les services, logiciels et utilisateurs configurés, limitant ainsi les points d'entrée potentiels pour un attaquant.

Action de durcissementPourquoi
Désinstaller les logiciels inutilesChaque logiciel installé est une surface d'attaque potentielle
Désactiver les services non utilisésUn service inactif ne peut pas être exploité
Limiter les comptes utilisateurs configurésMoins de comptes = moins de cibles potentielles pour une attaque
Activer les mises à jour automatiquesCorriger rapidement les vulnérabilités connues
Installer un antivirus/antimalwareDétecter les menaces connues avant exécution
Configurer un pare-feu localFiltrer les connexions entrantes et sortantes au niveau du poste

5. Restriction des privilèges — le principe du moindre privilège appliqué au poste

Un utilisateur ne devrait travailler au quotidien qu'avec un compte standard, sans droits d'administration, conformément au principe du moindre privilège (voir fiche Habilitations et droits d'accès).

ScénarioRisque si compte admin par défaut
Ouverture d'un email malveillantLe malware s'exécute avec tous les droits administrateur
Visite d'un site web compromisUne faille du navigateur peut installer un logiciel malveillant avec des droits complets
Erreur de manipulationUne suppression ou modification accidentelle a un impact bien plus large
💡 La bonne pratique consiste à utiliser un compte standard pour le travail quotidien et à n'utiliser un compte administrateur (ou l'élévation de privilèges ponctuelle via sudo / UAC) que pour les tâches qui le nécessitent réellement.

6. Checklist d'audit simple d'un poste de travail

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